Au quotidien

Photos de chantier : faire des photos qui donnent envie de vous appeler

Pas besoin d'appareil photo ni de formation : votre téléphone suffit. Ce qui fait une bonne photo de chantier, ce sont quelques réflexes à prendre avant d'appuyer.

Par Pierre Hebinger8 min de lecture
Un smartphone photographie l'intérieur d'un bâtiment en rénovation.

Quand quelqu'un découvre votre entreprise sur internet, il regarde vos photos avant de lire le moindre texte. C'est logique : il ne peut pas encore juger votre sérieux, votre ponctualité ou vos prix, mais il peut juger votre travail. Une terrasse bien posée, une salle de bains finie au cordeau, une toiture refaite : la photo dit « voilà ce que je sais faire » mieux que n'importe quelle phrase.

Encore faut-il que la photo rende justice au travail. Une douche à l'italienne magnifique, photographiée dans la pénombre avec un seau au premier plan, ne donne envie à personne. Voici les réflexes qui font la différence, avec le téléphone que vous avez déjà dans la poche.

Vos vraies photos valent mieux que les plus belles images

La tentation est grande de remplir son site avec des images de banques de photos : des cuisines parfaites, des ouvriers souriants aux casques impeccables. Elles sont belles, mais elles ne servent à rien, et parfois elles desservent.

  • Elles se reconnaissent. Les mêmes images circulent sur un grand nombre de sites. Un visiteur attentif le remarque, et se demande pourquoi vous ne montrez pas votre propre travail.
  • Elles ne prouvent rien. Ce que le client veut savoir, c'est ce que vous, vous avez fait. Une image achetée montre le travail de quelqu'un d'autre.
  • Elles ne ressemblent pas à chez lui. Une maison à colombages en Alsace, une longère en Bretagne, un chalet en Haute-Savoie : vos photos montrent les maisons de votre secteur, et le client s'y reconnaît.

Une photo réelle un peu imparfaite, prise sur un chantier que vous avez mené, vaut mieux qu'une image parfaite qui ne vous appartient pas. Méfiez-vous au passage des images copiées sur internet : elles ont presque toujours un auteur, et les utiliser sans son autorisation peut vous attirer des ennuis.

L'avant/après, pris du même endroit

L'avant/après est la photo la plus parlante qui soit. Il montre non seulement le résultat, mais aussi l'ampleur du travail : le mur lézardé devenu lisse, le jardin en friche devenu pelouse, la cuisine des années soixante-dix devenue moderne.

Pour qu'il fonctionne, une règle : les deux photos doivent être prises du même endroit, avec le même cadrage. Si la photo « avant » est prise depuis la porte et la photo « après » depuis la fenêtre, l'œil ne compare plus rien. Quelques astuces :

  • Pensez à la photo « avant » dès le premier jour, avant de toucher à quoi que ce soit. C'est celle qu'on oublie le plus souvent, et elle ne se rattrape pas.
  • Repérez l'endroit où vous vous tenez : un carreau du sol, l'angle d'un meuble, un arbre dans le jardin.
  • Tenez le téléphone à la même hauteur, dans le même sens (en hauteur ou en largeur), avec le même niveau de zoom.
  • Gardez la photo « avant » sous les yeux au moment de prendre la seconde, pour caler le cadrage.

La lumière : de jour, et jamais à contre-jour

La lumière fait plus pour une photo que n'importe quel appareil. Un téléphone récent prend d'excellentes photos en plein jour, et des photos médiocres dans une pièce sombre.

  • Photographiez de jour. En intérieur, ouvrez les volets et allumez toutes les lumières. En extérieur, un ciel légèrement voilé donne souvent une lumière plus douce qu'un plein soleil de midi, qui écrase les couleurs et crée des ombres dures.
  • Jamais à contre-jour. Si vous photographiez une pièce face à la fenêtre, la fenêtre sera blanche et tout le reste sombre. Placez-vous dos à la lumière, ou de côté.
  • Évitez le flash : il aplatit les volumes et crée des reflets sur le carrelage, la peinture brillante ou le verre.
  • Pour une façade ou une toiture, choisissez le moment de la journée où le soleil l'éclaire, pas celui où elle est dans l'ombre.

Ranger avant de photographier

C'est le réflexe le plus simple, et le plus souvent oublié. Sur une photo, tout se voit : le seau de colle, la rallonge qui traîne, les cartons, la visseuse posée sur le plan de travail, les chutes de plaque de plâtre dans un coin. Sur place, votre œil les ignore. Sur un écran, ils prennent toute la place.

Avant de photographier, prenez deux minutes pour dégager le champ : sortez les outils, ramassez les chutes, passez un coup de balai, essuyez les traces de doigts sur une vitre ou une paroi de douche. Sur un chantier en cours, où tout ne peut pas être rangé, dégagez au moins le premier plan. Un chantier propre en photo, c'est aussi un message : cette entreprise travaille proprement.

Cadrer droit, et montrer le détail

Cadrer droit

Une photo penchée donne une impression de travail bâclé, même quand le travail est impeccable. Activez la grille de l'appareil photo de votre téléphone (l'option se trouve en général dans ses réglages) et alignez les verticales sur ses lignes : l'angle d'un mur, un montant de porte, un poteau. Tenez le téléphone bien droit, à hauteur de poitrine, plutôt que penché vers le bas.

Pour une pièce, placez-vous dans un angle, pour en montrer le plus possible. Pour un élément précis - un escalier, une cheminée, un portail - placez-vous bien en face.

Montrer un détail de finition

La vue d'ensemble montre le résultat. Le détail montre le soin. Une coupe de carrelage nette autour d'une prise, un joint régulier, une jonction de parquet invisible, un faîtage bien aligné, une soudure propre : ce sont ces photos qui convainquent le client exigeant. Approchez-vous plutôt que de zoomer : l'image reste plus nette.

Pour chaque chantier, visez donc au moins trois photos : une vue d'ensemble, un détail de finition et, si vous l'avez, l'avant.

Le client, sa maison, son adresse

Photographier chez un client, c'est photographier chez lui. Quelques règles de respect, qui vous évitent aussi bien des ennuis :

  • Demandez l'accord du client avant de photographier sa maison pour publier les images. Beaucoup acceptent volontiers quand on explique que c'est pour montrer son travail. Le plus simple est d'en parler dès le devis ou la signature.
  • Pas de visage sans l'accord de la personne, qu'il s'agisse du client, de ses enfants, d'un voisin ou de vos propres salariés. Le plus simple : photographier quand personne n'est dans le champ.
  • Pas de plaque d'immatriculation lisible : une voiture garée devant la maison, on recadre ou on floute.
  • Rien qui permette de retrouver l'adresse : un numéro de rue, une plaque de rue, une boîte aux lettres avec un nom. Sortez-les du cadre.
  • Attention aux objets personnels : photos de famille au mur, courrier sur la table, écran allumé. Un coup d'œil au cadre avant de déclencher suffit.

Dans la légende, indiquez la commune, jamais la rue. « Rénovation de toiture à Rennes » suffit à montrer que vous travaillez dans le secteur, sans dire au monde entier où habite votre client.

Légender chaque photo

Une photo sans légende n'est utile qu'à moitié. La légende dit au visiteur ce qu'il regarde, et elle aide Google à comprendre de quoi parle votre page et où vous travaillez. Elle n'a pas besoin d'être longue. Trois informations suffisent :

  • La commune : « à Périgueux », « à Thann ».
  • Les travaux réalisés : « rénovation complète d'une salle de bains », « pose d'une clôture en bois ».
  • Les matériaux ou la technique, s'ils ont un intérêt : « carrelage grand format », « tuiles anciennes réemployées », « chêne massif huilé ».

Ce qui donne par exemple : « Pose d'un escalier en chêne massif à Annecy », ou « Réfection d'une toiture en ardoise à Rennes, avec zinguerie neuve ». Une personne qui cherche ce type de travaux dans votre secteur s'y retrouve tout de suite. C'est aussi l'une des briques du référencement local.

Publier régulièrement plutôt qu'une fois

Beaucoup de sites d'artisans ont été remplis une fois, à la création, puis plus jamais touchés. Trois ans plus tard, ce sont toujours les mêmes six photos, et le visiteur se demande si l'entreprise travaille encore. Des réalisations récentes disent au contraire : cette entreprise est active, elle a des clients, et elle est fière de ce qu'elle fait.

Plutôt que de prévoir une grande séance de mise à jour qui n'arrive jamais, prenez l'habitude de publier un chantier chaque fois que vous en terminez un qui vous plaît. Les photos sont sur votre téléphone, la légende tient en une phrase : c'est l'affaire de quelques minutes, le soir ou à la pause de midi. Sur un site CorpsDeMetier.fr, par exemple, une réalisation s'ajoute depuis le téléphone, en quelques photos.

Gardez aussi toutes vos photos, même celles que vous ne publiez pas, dans un dossier par chantier classé par date. Elles servent à montrer votre travail lors d'un rendez-vous, à répondre au client qui demande « vous avez déjà fait ça ? », ou à retrouver l'état d'un chantier des mois plus tard. Et pendant les travaux, elles servent au client lui-même : voyez nos conseils pour le suivi de chantier.

Questions fréquentes

Peut-on utiliser des photos de banques d'images sur un site d'artisan ?

On le peut si la licence l'autorise, mais elles ne prouvent rien : elles montrent le travail de quelqu'un d'autre, et les mêmes images circulent sur de nombreux sites. Des photos réelles de vos chantiers, même imparfaites, rassurent bien davantage. N'utilisez jamais une image copiée sur internet sans autorisation.

Faut-il l'accord du client pour publier des photos de son chantier ?

Demandez-le toujours, idéalement par écrit, par exemple au moment du devis. Et même avec son accord, ne montrez ni visage, ni plaque d'immatriculation, ni numéro de rue : dans la légende, la commune suffit.

Un téléphone suffit-il pour faire de bonnes photos de chantier ?

Oui. Un téléphone récent fait d'excellentes photos en pleine lumière. Ce qui fait la différence, c'est la lumière du jour, un chantier rangé, un cadrage droit et une photo prise sans contre-jour.

Combien de photos publier par chantier ?

Trois à six photos bien choisies valent mieux que trente : une vue d'ensemble, un ou deux détails de finition, et l'avant si vous l'avez. Avec une légende qui indique la commune, les travaux et les matériaux.

Votre site, on en parle ?

Un appel de quelques minutes, à l'heure qui vous arrange : on regarde ensemble ce que donnerait le site de votre entreprise. Ou lancez-vous seul : 7 jours d'essai, sans carte bancaire.