Être trouvé sur Google

Référencement local : comment un artisan apparaît sur Google dans sa commune

Quand quelqu'un cherche « plombier » avec le nom de sa ville, Google choisit quelques entreprises. Voici comment il les choisit, et ce qu'un artisan peut faire pour en être.

Par Pierre Hebinger9 min de lecture
Un téléphone affiche une carte avec les communes des environs.

Un dégât des eaux un dimanche soir, une tuile envolée après un coup de vent, un tableau électrique qui disjoncte sans arrêt : dans ces moments-là, personne ne feuillette un annuaire. On prend son téléphone et on tape ce dont on a besoin, avec le nom de sa ville. Le référencement local, c'est l'ensemble de ce qui décide si votre entreprise apparaît à ce moment précis - ou si c'est celle du voisin.

Ce n'est ni de la magie ni une affaire de spécialistes. Google explique lui-même comment il choisit, et l'essentiel de ce qui compte est à la portée d'un artisan qui connaît son métier et son secteur. Voici comment ça marche, ce qui fait vraiment la différence, et les promesses qu'il vaut mieux laisser à ceux qui les font.

Ce que tape votre futur client

Un particulier qui cherche un artisan ne tape presque jamais le nom d'une entreprise qu'il ne connaît pas. Il tape un métier et un lieu : « plombier Colmar », « couvreur Thann », « électricien Annecy ». Parfois une prestation plutôt qu'un métier : « remplacement chauffe-eau Rennes », « élagage Périgueux », « pose de fenêtres Mulhouse ».

Il y a aussi les recherches sans ville du tout : « plombier près de chez moi », « serrurier ouvert maintenant », ou simplement « chauffagiste ». Google se sert alors de la position du téléphone pour deviner la zone. Vous n'y pouvez rien directement, mais c'est une raison de plus pour que Google sache précisément où vous travaillez : sans cette information, il ne peut pas vous rapprocher de quelqu'un qui cherche autour de lui.

Retenez la logique : pour chaque recherche, Google essaie de répondre à deux questions. Cette entreprise fait-elle ce qu'on cherche ? Intervient-elle là où se trouve la personne ? Tout le travail de référencement local consiste à lui donner des réponses claires à ces deux questions.

La carte, la fiche et les résultats classiques

Sur une recherche locale, la page de Google se découpe généralement en deux parties. Il faut les distinguer, parce qu'elles ne se travaillent pas tout à fait de la même façon.

La carte et les fiches d'établissement

En haut, souvent, une petite carte avec quelques entreprises épinglées et leurs étoiles. Chacune de ces entrées est une fiche d'établissement Google (on parle aussi de « Google Business Profile », l'ancien « Google My Business ») : nom, téléphone, horaires, avis, photos, lien vers le site. C'est souvent là que se joue l'appel, surtout sur téléphone, parce qu'on peut appeler d'un geste sans même ouvrir un site.

Cette fiche est gratuite, et c'est vous qui la créez et la tenez. Nous y consacrons un article entier : créer et tenir sa fiche Google quand on est artisan.

Les résultats classiques

Sous la carte viennent les liens habituels vers des sites : des sites d'artisans, mais aussi des annuaires et des plateformes de mise en relation. Pour y apparaître, il faut un site, et un site qui dit clairement ce que vous faites et où vous le faites.

Les deux se renforcent. Une fiche qui renvoie vers un site sérieux inspire davantage confiance, à Google comme au client ; un site qui affiche les mêmes coordonnées que la fiche confirme qu'il s'agit bien de la même entreprise.

Ce qui compte vraiment

Google indique classer les résultats locaux selon trois critères : la pertinence (votre activité correspond-elle à la recherche ?), la distance (êtes-vous proche du lieu recherché ?) et la notoriété (votre entreprise est-elle connue, citée, bien notée ?). La distance, vous n'y pouvez pas grand-chose. Le reste, si.

Une page claire par prestation

Une page d'accueil qui annonce « Entreprise Martin, tous travaux » ne répond à aucune recherche précise. Une page « Remplacement de chaudière » qui explique ce que vous faites, pour qui, avec des photos de vos chantiers, répond à quelqu'un qui cherche exactement ça. Une prestation, une page : c'est la base, et c'est aussi ce qui permet au client de comprendre en dix secondes qu'il est au bon endroit.

Une page par commune réellement desservie

Un couvreur installé à Thann qui travaille aussi à Cernay, Masevaux et Guebwiller a tout intérêt à ce que Google le sache, commune par commune : une page qui parle de ses prestations à Cernay a plus de chances de sortir sur « couvreur Cernay » qu'une simple mention en bas de la page d'accueil.

Mais attention à l'excès inverse : ne créez pas de pages pour des communes où vous n'allez pas. Cinquante pages pour cinquante villes du département, dont la moitié à une heure et demie de route, c'est exactement ce que Google cherche à écarter - ses règles visent les pages fabriquées en série dans le seul but de capter des recherches. Et le jour où un client de l'autre bout du département vous appelle, vous perdez votre temps et lui le sien. Déclarez les communes où vous acceptez vraiment de vous déplacer, pas celles où vous aimeriez être connu.

Les mêmes coordonnées partout

Nom de l'entreprise, adresse, téléphone : ils doivent être écrits de la même façon sur votre site, votre fiche Google, votre page Facebook, les annuaires où vous figurez, et jusque sur vos devis. Un ancien numéro qui traîne sur un annuaire, une adresse qui change d'un site à l'autre, et Google hésite à rattacher toutes ces mentions à une même entreprise. Faites le tour une fois, notez où vous êtes inscrit, et corrigez ce qui a vieilli.

Les avis de vos clients

Les avis comptent pour Google, et plus encore pour le client qui hésite entre deux entreprises. Le plus efficace est aussi le plus simple : demander, au moment où le client est content, en fin de chantier. Et répondre à tous, y compris aux mauvais, calmement et sans se justifier à l'excès : celui qui lit la réponse, c'est surtout le prochain client.

De vraies photos

Des photos de vos chantiers, de votre équipe, de votre camion, prises par vous. Pas des images de banque d'images où un modèle souriant tient une clé à molette neuve : tout le monde les reconnaît, et elles n'apprennent rien sur votre travail. Une photo de chantier, même prise au téléphone, prouve que vous faites ce que vous dites. Quelques conseils pour les réussir dans notre article sur les photos de chantier.

Un site rapide et lisible sur téléphone

Une bonne partie des recherches locales se font sur téléphone, souvent dans l'urgence. Un site qui met longtemps à s'afficher, où il faut zoomer pour lire le numéro, perd le client avant qu'il ait lu votre nom. Google en tient compte : il examine en priorité la version mobile des sites. Nous détaillons ce point dans Site mobile : vos clients vous jugent sur leur téléphone.

De la régularité

Un site dont la dernière réalisation date de quatre ans et dont les horaires sont faux donne l'impression d'une entreprise qui a fermé. Ajouter un chantier de temps en temps, tenir ses horaires à jour, répondre aux avis : ce sont de petits gestes, mais ils montrent à Google comme aux clients que l'entreprise est bien vivante.

Combien de temps ça prend

Un site peut être en ligne en une journée. Être bien placé, c'est autre chose. Google doit d'abord découvrir vos pages, ce qui prend en général quelques jours, puis les comparer à celles des entreprises qui répondent déjà aux mêmes recherches. Compter plusieurs semaines avant de voir les premiers résultats n'a rien d'anormal.

Tout dépend surtout de la concurrence locale. Un paysagiste installé dans un bourg où personne n'a de site sérieux peut apparaître assez vite. Un plombier du centre de Rennes, face à des dizaines de concurrents, d'annuaires et de plateformes, devra être plus patient et plus régulier. Méfiez-vous de quiconque vous annonce un délai précis sans avoir regardé qui sont vos concurrents.

Et le référencement ne s'achève pas : il s'entretient. Ce n'est pas un chantier qu'on réceptionne, c'est une habitude - quelques minutes de temps en temps plutôt qu'une grosse opération tous les cinq ans.

Les promesses dont il faut se méfier

Le référencement attire les démarcheurs, par téléphone comme par email. Quelques phrases doivent vous mettre la puce à l'oreille.

« Première place sur Google garantie »

Personne ne peut la garantir. Google ne vend pas les positions dans ses résultats naturels, et son classement bouge en permanence. Ce qu'on vous vend sous ce nom, c'est parfois de la publicité payante (les liens marqués « sponsorisé », qui disparaissent dès qu'on arrête de payer), parfois une première place sur une recherche que personne ne tape, du genre « plombier chauffagiste zingueur Masevaux Haut-Rhin ».

« Nous allons vous obtenir des centaines de liens »

Les liens d'autres sites vers le vôtre comptent, mais acheter des liens en masse est contraire aux règles de Google. Au mieux, ça ne sert à rien ; au pire, votre site est déclassé, et il faut du temps pour s'en remettre. Les liens qui valent quelque chose se gagnent : un fournisseur qui vous cite, l'association des commerçants de votre commune, un article de la presse locale sur un chantier remarqué.

« Nous nous occupons de vos avis »

Si cela veut dire publier des avis inventés, c'est non. Les faux avis sont interdits par Google, qui peut les supprimer et sanctionner la fiche, et la loi française les range parmi les pratiques commerciales trompeuses. Sans compter que les clients les repèrent : cinq avis à cinq étoiles publiés la même semaine, écrits dans le même style, font plus de tort que pas d'avis du tout.

Un prestataire honnête vous dit ce qu'il fait, ce qu'il ne peut pas promettre, et vous laisse propriétaire de votre site et de votre nom de domaine. Sur ce dernier point, voyez notre article sur le nom de domaine de votre entreprise.

Par où commencer

Si vous partez de zéro, voici un ordre raisonnable :

  1. Créez ou reprenez en main votre fiche Google, et faites-la vérifier.
  2. Listez vos prestations et les communes où vous intervenez réellement.
  3. Mettez en ligne un site avec une page par prestation et par commune, et les mêmes coordonnées que sur la fiche.
  4. Ajoutez des photos de vos derniers chantiers.
  5. Demandez un avis à vos derniers clients satisfaits.
  6. Ensuite, un chantier ajouté de temps en temps, et des horaires tenus à jour.

Les pages locales sont la partie la plus fastidieuse à écrire à la main. C'est ce que CorpsDeMetier.fr automatise : vous déclarez vos prestations et les communes que vous couvrez, et une page est créée pour chacune, avec vos coordonnées et vos réalisations. Mais quelle que soit la méthode, le principe reste le même : dire clairement à Google ce que vous faites et où vous le faites, puis le prouver par vos photos et vos avis.

Questions fréquentes

Faut-il un site internet pour apparaître sur Google Maps ?

Non : la fiche d'établissement Google suffit pour apparaître sur la carte. Mais le site la complète : il détaille vos prestations et vos communes, montre vos réalisations et rassure le client avant qu'il appelle. Google s'en sert aussi pour comprendre ce que vous faites.

Combien de temps faut-il pour être visible dans ma commune ?

Google découvre un nouveau site en général en quelques jours. Se placer sur les recherches de votre secteur prend le plus souvent plusieurs semaines, selon le nombre de concurrents qui visent les mêmes recherches. Personne ne peut garantir un délai ni une position.

Puis-je créer des pages pour toutes les villes de mon département ?

Ce n'est pas conseillé. Créez des pages pour les communes où vous intervenez vraiment. Des pages fabriquées en série pour des villes où vous n'allez pas vont contre les règles de Google, et elles vous amènent des appels que vous devrez refuser.

La publicité payante sur Google est-elle obligatoire ?

Non. Les annonces payantes, marquées « sponsorisé », apportent de la visibilité tant qu'on paie. Le référencement naturel se construit avec le temps et ne s'arrête pas le jour où l'on cesse de payer. Les deux peuvent se combiner, mais le second reste la base.

Votre site, on en parle ?

Un appel de quelques minutes, à l'heure qui vous arrange : on regarde ensemble ce que donnerait le site de votre entreprise. Ou lancez-vous seul : 7 jours d'essai, sans carte bancaire.