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Nom de domaine : pourquoi il doit être enregistré à votre nom

Votre nom de domaine est l'adresse de votre entreprise sur internet. S'il est au nom de votre prestataire, il part avec lui. Voici comment le choisir, vérifier à qui il appartient, et le garder.

Par Pierre Hebinger7 min de lecture
Un chef d'entreprise travaille sur un ordinateur portable à son bureau.

Quand un artisan change de prestataire pour son site, il découvre parfois qu'il ne peut pas emporter son adresse internet. Celle qui figure sur sa camionnette, ses cartes de visite, ses devis. Celle que ses clients connaissent. Elle était enregistrée au nom de l'agence.

Ce n'est pas toujours irrémédiable, mais c'est entièrement évitable. Voici ce qu'il faut savoir sur le nom de domaine, sans jargon.

Un nom de domaine, qu'est-ce que c'est ?

Le nom de domaine, c'est l'adresse de votre site : plomberie-dupont.fr. C'est aussi ce qui suit le @ de votre adresse email professionnelle : contact@plomberie-dupont.fr.

On ne l'achète pas pour toujours : on le loue, à l'année, auprès d'un bureau d'enregistrement (en anglais, « registrar »), une société habilitée à enregistrer les noms de domaine, comme OVHcloud, Gandi ou IONOS. La personne ou l'entreprise enregistrée comme propriétaire s'appelle le titulaire. C'est lui, et lui seul, qui décide de ce que devient le domaine.

Le coût est modeste : en général de quelques euros à une vingtaine d'euros par an pour un .fr ou un .com. Méfiez-vous seulement des prix d'appel, bas la première année et plus élevés au renouvellement.

Si le domaine n'est pas renouvelé à temps, il finit par être libéré, et n'importe qui peut alors l'enregistrer - y compris un concurrent, ou quelqu'un qui vous proposera de vous le revendre. Activez le renouvellement automatique, et vérifiez que l'adresse email de contact du domaine est une adresse que vous lisez vraiment.

.fr ou .com ?

L'extension, c'est la fin du nom : .fr, .com, .eu, etc.

  • Le .fr est géré par l'AFNIC, l'association chargée des noms de domaine français. Il est ouvert aux personnes et aux entreprises établies dans l'Union européenne et dans quelques pays voisins. Pour une entreprise qui travaille en France, c'est le choix naturel : il dit tout de suite où vous êtes.
  • Le .com est international. Il n'apporte rien de particulier à un artisan qui travaille localement, mais il peut dépanner si le .fr que vous voulez est déjà pris.

L'extension pèse peu dans votre visibilité sur Google au regard de ce que contient votre site. Si les deux sont libres et que le budget le permet, vous pouvez enregistrer le .fr et le .com, et rediriger le second vers le premier : personne ne pourra prendre l'adresse que vos clients risquent de taper par erreur.

Choisir un bon nom

Un bon nom de domaine se dicte au téléphone sans avoir à l'épeler. Quelques règles :

  • Court. Le nom de votre entreprise, tel que vos clients le prononcent : « menuiserie-rolland.fr » plutôt que « menuiserie-ebenisterie-agencement-rolland-et-fils.fr ».
  • Le métier et la ville, pourquoi pas. « couvreur-annecy.fr » dit tout de suite ce que vous faites et où. Mais pensez à l'avenir : si vous déménagez ou élargissez votre secteur, le nom de la ville peut devenir encombrant.
  • Un tiret au plus. Un tiret peut séparer deux mots ; au-delà, personne ne s'en souvient et tout le monde se trompe en le tapant.
  • Sans accent. Les accents sont techniquement possibles, mais la plupart des gens ne les tapent pas : « electricite-martin.fr » plutôt que « électricité-martin.fr ».
  • Sans ambiguïté. Évitez les chiffres qu'on ne sait pas comment écrire (« 4 » ou « quatre » ?) et les jeux de mots qu'il faut expliquer.
  • Sans emprunter le nom d'un autre. Ne reprenez pas le nom d'une marque ou d'un concurrent : son titulaire peut contester un domaine qui l'imite.

Avant de vous décider, dites le nom à voix haute à quelqu'un et demandez-lui de l'écrire. S'il se trompe, cherchez-en un autre.

Le piège : un domaine au nom du prestataire

Beaucoup de prestataires enregistrent eux-mêmes le domaine de leur client, par commodité : c'est plus simple pour tout régler techniquement. Le problème commence quand ils l'enregistrent à leur nom plutôt qu'au vôtre.

Tant que tout va bien, personne ne s'en aperçoit. Le jour où vous voulez changer de prestataire, où il cesse son activité, ou simplement où il ne répond plus, vous découvrez que vous n'avez aucun droit sur l'adresse de votre propre entreprise. Il peut la garder, vous la facturer, ou la laisser expirer.

Avec le domaine, vous perdez :

  • l'adresse imprimée sur vos véhicules, vos cartes et vos devis ;
  • la visibilité accumulée au fil des années sur cette adresse dans Google ;
  • vos adresses email professionnelles, qui cessent de fonctionner.

C'est aussi la règle chez CorpsDeMetier.fr : le domaine est enregistré au nom de l'artisan, et il part avec lui s'il arrête.

Vérifier à qui appartient votre domaine

Vous avez déjà un site et vous ne savez pas à qui appartient votre domaine ? Trois façons de le savoir.

1. L'annuaire Whois

Le Whois est l'annuaire public des noms de domaine. Pour un .fr, l'AFNIC propose un outil de recherche sur son site, afnic.fr : tapez votre domaine, et vous verrez notamment le bureau d'enregistrement et les dates de création et d'expiration. Quand le titulaire est une entreprise, son nom est en principe affiché ; quand c'est un particulier, ses données personnelles sont masquées par défaut.

Pour un .com, les données du titulaire sont très souvent masquées depuis l'entrée en vigueur du RGPD, la réglementation européenne sur les données personnelles. Le Whois vous donnera au moins le bureau d'enregistrement et la date d'expiration, ce qui permet déjà de savoir à qui s'adresser.

2. Vos factures

Qui paie le renouvellement du domaine ? Si vous recevez chaque année une facture d'un bureau d'enregistrement à votre nom, c'est bon signe. Si le domaine est noyé dans une facture globale de votre prestataire, posez la question.

3. Demandez-le, par écrit

Écrivez à votre prestataire : « Pouvez-vous me confirmer que le domaine est enregistré au nom de mon entreprise, et m'indiquer chez quel bureau d'enregistrement ? » Une réponse claire, par email, vous servira le jour où vous en aurez besoin.

Si le domaine est à son nom, demandez-lui de le passer au vôtre : on parle de changement de titulaire. C'est une opération courante, que les bureaux d'enregistrement savent faire.

Changer de prestataire : le code de transfert

Changer de prestataire pour votre site n'oblige pas à changer de bureau d'enregistrement. Mais si vous voulez déplacer votre domaine chez un autre, il faut un code de transfert, qu'on appelle aussi code d'autorisation, « auth code » ou code « AuthInfo ». C'est une sorte de mot de passe propre au domaine, qui prouve que le transfert est voulu par son titulaire.

Le déroulement habituel :

  • demandez le code à votre bureau d'enregistrement actuel, ou à votre prestataire s'il gère le compte ; il est souvent disponible dans l'espace client ;
  • vérifiez que le domaine n'est pas verrouillé contre les transferts, une option de sécurité qu'il faut désactiver le temps de l'opération ;
  • donnez le code au nouveau bureau d'enregistrement, qui lance le transfert ;
  • comptez en général de quelques heures à quelques jours, et attendez-vous à ce que le transfert soit facturé avec une année de renouvellement.

Deux précautions : évitez de transférer un domaine qui expire dans les jours qui viennent, et faites relever les réglages techniques actuels (les « DNS », qui indiquent où se trouvent votre site et votre messagerie) pour que rien ne soit coupé pendant l'opération.

Si votre ancien prestataire tarde à vous donner le code alors que le domaine est à votre nom, adressez-vous directement au bureau d'enregistrement : c'est le titulaire qui a le dernier mot, pas l'intermédiaire.

Garder une adresse email à votre nom

Une adresse contact@votre-entreprise.fr inspire plus confiance qu'une adresse de messagerie gratuite, et elle vous suit tant que vous gardez votre domaine. C'est une raison de plus pour qu'il soit à votre nom : perdre le domaine, c'est perdre les emails, y compris ceux que vos clients vous envoient encore à l'ancienne adresse.

Quelques conseils :

  • sachez chez qui est hébergée votre messagerie : c'est parfois un service distinct de celui du site ;
  • conservez l'accès au compte d'administration de la messagerie, pas seulement à votre boîte ;
  • si vous changez de prestataire pour le site, vérifiez que vos emails continuent d'arriver après la bascule.

Le nom de domaine est un détail administratif qui vaut plus que le site lui-même : un site se refait, une adresse que vos clients connaissent depuis dix ans ne se remplace pas. Pour le reste de la démarche, voyez notre guide pour créer le site de votre entreprise.

Questions fréquentes

Combien coûte un nom de domaine ?

En général de quelques euros à une vingtaine d'euros par an pour un .fr ou un .com. Vérifiez le prix du renouvellement, souvent plus élevé que celui de la première année.

Comment savoir à qui appartient mon nom de domaine ?

Consultez l'annuaire Whois (celui de l'AFNIC pour un .fr), regardez qui vous facture le renouvellement, et demandez par écrit à votre prestataire le nom du titulaire et du bureau d'enregistrement.

Qu'est-ce que le code de transfert d'un nom de domaine ?

C'est un code propre à chaque domaine, aussi appelé code d'autorisation ou « auth code ». Il permet de déplacer le domaine d'un bureau d'enregistrement à un autre, et il est destiné à son titulaire.

Que se passe-t-il si mon nom de domaine expire ?

Le site et les adresses email qui en dépendent cessent de fonctionner. Passé un délai, le domaine est libéré et n'importe qui peut l'enregistrer. Activez le renouvellement automatique pour l'éviter.

Votre site, on en parle ?

Un appel de quelques minutes, à l'heure qui vous arrange : on regarde ensemble ce que donnerait le site de votre entreprise. Ou lancez-vous seul : 7 jours d'essai, sans carte bancaire.