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Plateformes de mise en relation : faut-il payer pour trouver des chantiers ?

Elles promettent des chantiers sans effort, et elles en apportent parfois. Ce que vous achetez vraiment, le calcul à faire avant de signer, et comment faire venir des demandes qui ne sont qu'à vous.

Par Pierre Hebinger9 min de lecture
Un artisan au téléphone, assis au volant de sa camionnette blanche.

Le planning a un trou en novembre, ou vous venez de vous installer et personne ne vous connaît encore. Le téléphone sonne : un commercial vous propose « des chantiers près de chez vous, sans démarcher ». Quelques jours plus tard, une demande de devis arrive sur votre téléphone. Vous rappelez dans l'heure… et la cliente vous répond qu'elle a déjà eu deux artisans au bout du fil.

Les plateformes de mise en relation ne sont ni une arnaque ni une solution miracle. Ce sont des fournisseurs de contacts, et comme tout fournisseur, elles se jugent sur ce qu'elles livrent vraiment. Ce guide vous aide à faire ce calcul, puis à construire ce qu'aucune plateforme ne vous vendra : des demandes qui n'arrivent que chez vous.

Comment fonctionnent ces plateformes

Le principe est toujours le même. Un particulier qui a un projet - refaire sa salle de bains, réparer une fuite, isoler ses combles - remplit un formulaire sur un site de devis en ligne. Le service est gratuit pour lui. La plateforme transmet ensuite sa demande à des artisans de son secteur, et ce sont eux qui paient.

Selon les plateformes, vous payez de trois façons :

  • au contact : chaque demande reçue, ou chaque demande que vous choisissez de « débloquer », est facturée, à un prix qui varie selon le métier, la zone et la taille du projet ;
  • par abonnement : un montant mensuel fixe donne accès à un flux de demandes sur les départements et les catégories de travaux que vous avez choisis, parfois avec des frais de mise en service au départ ;
  • à la commission, plus rarement : un pourcentage du chantier signé.

Dans les trois cas, l'argent de la plateforme vient de vous. Ce n'est pas un reproche, c'est son modèle - mais c'est une bonne raison de regarder de près ce que vous achetez.

Ce qu'elles font bien

Soyons justes : ces plateformes rendent de vrais services, et beaucoup d'artisans y ont trouvé des chantiers.

  • Du volume, tout de suite. Un site internet met des semaines à se placer dans Google ; une plateforme peut vous envoyer une demande dès la semaine de l'inscription. Quand on démarre, ou quand on s'installe dans un nouveau secteur, c'est précieux.
  • Une publicité que vous ne pourriez pas vous payer. Elles achètent de la publicité et travaillent leur référencement pour attirer les particuliers qui cherchent un artisan. Ce budget-là, elles le dépensent à votre place.
  • De quoi remplir un creux. Pour une période calme ou un type de chantier que vous voulez développer, quelques contacts achetés peuvent combler un trou dans le planning.

Le problème n'est donc pas d'y être. C'est de n'avoir que ça.

Ce que vous achetez vraiment : un contact partagé

Allez sur la page d'accueil d'un site de devis en ligne, côté particulier. La promesse y est écrite en toutes lettres : recevoir plusieurs devis gratuits. Pour tenir cette promesse, la même demande est forcément transmise à plusieurs entreprises. Vous n'achetez donc pas un client : vous achetez une place dans une mise en concurrence.

Cela change tout le reste :

  • C'est une course. Le premier qui rappelle a l'avantage. Si vous êtes sur un toit au moment où la demande tombe, d'autres auront déjà appelé quand vous redescendrez.
  • C'est une comparaison de prix. Le particulier a été invité à comparer, et il compare. Face à plusieurs devis d'inconnus, le prix devient souvent le seul critère lisible.
  • Le client ne vous a pas choisi. Il a rempli un formulaire, pas cherché votre entreprise. Il ne connaît ni votre travail ni votre nom, et vous devez tout prouver en un coup de téléphone.
  • La relation reste à la plateforme. L'an prochain, pour ses volets ou sa terrasse, ce client retournera probablement sur le même site, qui revendra sa demande, peut-être à un autre que vous.

Le calcul à faire avant de signer

Le prix d'un contact ne dit rien. Ce qui compte, c'est le prix d'un chantier signé. Pour l'obtenir, il faut suivre ce que deviennent les contacts : combien répondent quand vous rappelez, combien acceptent un rendez-vous, combien signent.

Prenons un exemple, avec des chiffres choisis pour le calcul et non relevés quelque part : remplacez-les par les vôtres.

Trois cents euros pour une rénovation de salle de bains, l'affaire peut rester bonne. Pour un dépannage ou un petit chantier, elle ne l'est plus. Faites ce calcul sur trois mois avec vos vrais chiffres, et comparez-le à ce que vous dépenseriez pour vos propres moyens de trouver des clients. Pour noter ce que deviennent vos contacts sans rien laisser passer, notre méthode pour organiser vos demandes de devis s'applique telle quelle.

Ce qu'il faut lire dans le contrat

Avant de vous engager, et surtout si l'offre vous est présentée au téléphone, prenez le temps de lire, et posez ces questions par écrit :

  • la durée d'engagement, et comment on arrête : un abonnement de douze mois engage pour douze mois, que les demandes soient bonnes ou non ;
  • les frais de départ, comme des frais de mise en service ou d'inscription, qui ne figurent pas toujours dans le prix annoncé ;
  • le tarif exact pour votre métier et votre secteur : il dépend souvent des deux, et la grille n'est pas toujours publique ;
  • ce qui se passe pour un contact invalide : faux numéro, demande en double, projet hors de votre zone. Est-il remboursé ou recrédité, et comment le signaler ?
  • la zone et les catégories : pouvez-vous refuser les demandes trop éloignées ou les travaux que vous ne faites pas, sans les payer ?

Un commercial sérieux répond à tout cela sans détour. Une offre « valable aujourd'hui seulement » mérite au contraire d'attendre demain.

Des demandes qui ne sont qu'à vous

À côté des contacts qu'on achète, il y a ceux qu'on attire. Ils sont plus lents à venir, mais ils ont trois qualités qu'aucune plateforme ne vend : ils ne sont envoyés qu'à vous, la personne vous a choisi avant d'appeler, et ils ne vous coûtent rien de plus chaque fois qu'ils arrivent.

Votre fiche Google

C'est le point de départ, et elle est gratuite. Quand quelqu'un cherche « plombier » ou « couvreur » avec le nom de sa commune, la carte et les fiches qui l'accompagnent s'affichent souvent avant tous les autres résultats. Une fiche complète, avec vos horaires, vos photos et vos avis, est souvent ce qui fait sonner le téléphone. Tout est expliqué dans notre guide de la fiche Google Business Profile.

Vos avis

Un client satisfait ne pense pas à laisser un avis : demandez-le, à la fin du chantier, avec le lien direct envoyé par SMS. Les avis rassurent ceux qui hésitent, et ils comptent pour apparaître sur la carte de Google.

Votre site internet

C'est là que vous montrez ce qu'un formulaire de plateforme ne montre jamais : vos réalisations, vos prestations, les communes où vous intervenez, votre façon de travailler. Quelqu'un qui vous contacte depuis votre site a pu voir vos photos avant d'appeler. Il ne cherche pas « un artisan » : il vous a choisi, vous. Et un site bien construit pour le référencement local - une page par prestation, vos communes écrites en toutes lettres - fait venir des gens qui ne vous connaissaient pas.

Le bouche-à-oreille, confirmé

Votre meilleure source de clients reste sans doute la recommandation. Mais celui à qui l'on vient de donner votre nom le tape presque toujours dans Google avant d'appeler. S'il ne trouve rien, ou une fiche vide, la recommandation tombe à plat. Nous l'expliquons dans pourquoi un site quand on a déjà du travail.

Plateforme et site : le bon dosage

Il ne s'agit pas de choisir son camp. Une plateforme peut très bien servir de pont : elle remplit le planning pendant que vos propres moyens prennent de l'élan. Ce qu'il faut éviter, c'est la dépendance, le jour où la moitié de votre chiffre d'affaires passe par un fournisseur qui peut changer ses tarifs ou ses règles sans vous demander votre avis.

Un bon équilibre ressemble souvent à ceci :

  • au démarrage, quelques contacts achetés pour remplir le planning, pendant que vous créez votre fiche Google et votre site, et que vous demandez des avis à chaque chantier terminé ;
  • après quelques mois, vous comparez le coût d'un chantier signé selon sa provenance, avec les réponses à « comment nous avez-vous connus ? » ;
  • ensuite, vous ne gardez la plateforme que pour ce qu'elle fait mieux que vous : un creux de saison, un nouveau secteur, un type de travaux que vous lancez.

Ce que nous proposons, et ce que ça coûte

Cette partie parle de nous : lisez-la en sachant qui l'écrit. Nous avons créé CorpsDeMetier.fr précisément pour la deuxième moitié de ce guide - que les artisans aient leurs propres demandes, sans payer chaque contact.

Concrètement, notre service de création de site internet pour artisans vous donne :

  • un site à votre nom, pensé d'abord pour le téléphone, avec votre numéro en grand, vos prestations, vos réalisations et vos horaires ;
  • une page pour chaque prestation dans chaque commune que vous déclarez, créée automatiquement : c'est le travail de référencement local le plus fastidieux, et vous n'avez pas à l'écrire ;
  • des demandes envoyées à vous seul : le formulaire de votre site, protégé contre les messages indésirables, vous prévient par email et range chaque demande dans votre espace, avec une messagerie pour répondre au client ;
  • aucune commission et aucun prix au contact : que votre site vous apporte deux demandes ce mois-ci ou vingt, vous payez le même abonnement ;
  • tout ce qui est à vous reste à vous : votre nom de domaine, vos textes et vos photos, que vous pouvez exporter à tout moment, et un abonnement sans engagement de durée.

Soyons honnêtes jusqu'au bout : un site ne remplace pas une plateforme du jour au lendemain. Google met des semaines à placer un site neuf, et personne ne peut vous promettre la première place. Mais chaque mois, il travaille pour vous seul. Refaites le calcul de tout à l'heure avec nos chiffres : divisez une année d'abonnement par le nombre de chantiers que le site vous aura apportés, et comparez.

Vous voulez voir comment se passe la mise en route avant de décider ? Tout est détaillé, étape par étape, dans comment ça marche.

Questions fréquentes

Les plateformes de mise en relation sont-elles payantes pour les artisans ?

Presque toujours. Le particulier ne paie rien ; c'est l'artisan qui paie, selon les plateformes à chaque contact reçu, par un abonnement mensuel, ou plus rarement par une commission sur le chantier signé. Les tarifs dépendent souvent du métier et du département, et ne sont pas toujours affichés publiquement.

Un contact acheté sur une plateforme est-il envoyé à d'autres artisans ?

Souvent, oui : quand une plateforme promet au particulier plusieurs devis, la même demande est forcément transmise à plusieurs entreprises. Demandez combien avant de vous engager, c'est ce qui décide le plus de vos chances de signer.

Comment calculer ce que coûte un chantier obtenu par une plateforme ?

Additionnez tout ce que vous avez payé sur une période (abonnement, contacts, frais de mise en service), puis divisez par le nombre de chantiers signés grâce à la plateforme sur la même période. C'est ce chiffre, et non le prix d'un contact, qu'il faut comparer à vos autres façons de trouver des clients.

Comment trouver des chantiers sans passer par une plateforme ?

En faisant venir les demandes vers vous : une fiche Google à jour, des avis de clients, un site internet qui présente vos prestations et vos communes avec vos propres photos, et le bouche-à-oreille, que ces trois outils confirment. C'est plus lent à démarrer, mais chaque demande n'est envoyée qu'à vous.

Votre site, on en parle ?

Un appel de quelques minutes, à l'heure qui vous arrange : on regarde ensemble ce que donnerait le site de votre entreprise. Ou lancez-vous seul : 7 jours d'essai, sans carte bancaire.